Slender woman's legs tied with rough rope. Elegant slender female legs, two rope bobbins.

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Quand on est sujette à la rétention d’eau (attention sujet très souvent féminin mais la rétention touche aussi les hommes), le premier conseil qui nous est donné est d’avoir une activité physique qui sollicite notamment les jambes afin de les stimuler et lutter ainsi contre la sensation de jambes lourdes. Oui mais quand on est triathlète, entre la natation, le vélo et la course à pied, il est guère possible de faire mieux niveau stimulation et pourtant, bon nombre d’entre nous souffrent de jambes lourdes ou de gonflements parfois très douloureux. Les causes sont multiples tout autant que les méthodes pour combattre la rétention d’eau.

 

La rétention d’eau en quelques mots…

Notre corps est fait de 65% d’eau. Il arrive que certaines parties de notre organisme soit excessivement chargées en haut, c’est-à-dire que notre corps emmagasine plus d’eau qu’il est capable d’en éliminer. C’est la fameuse « rétention d’eau » ou œdème pour le terme médicalement plus approprié. Les reins seront les principaux visés ainsi que le foie puisque leur paresse pourrait être responsable de cette rétention. Mais tout n’est pas si simple et une personne sujette à la rétention d’eau peut tout à fait avoir un foie et des reins qui fonctionnent parfaitement (c’est heureusement bien souvent le cas). Mais alors pourquoi notre corps va-t-il stocker cette eau si douloureuse (jambes lourdes, gonflements) et si disgracieuse (aspect peau d’orange, cellulite) ?

Quand on parle de rétention d’eau on parle aussi de mauvaise circulation. Mais ce n’est pas la circulation sanguine qui est en cause mais la circulation lymphatique.

La circulation lymphatique n’est pas une circulation de sang mais de lymphe, qui parcourt l’organisme, des extrémités vers le cœur, dans des vaisseaux et des ganglions lymphatiques. La lymphe est un liquide incolore à jaunâtre parcourant l’ensemble de notre corps.

Le réseau lymphatique draine les excès de liquides se trouvant au niveau des tissus et participe à la détoxication des organes et du corps.

Il contribue à la circulation de nutriments (dans une moindre mesure que le sang).

Il permet la circulation dans tout le corps et hors des vaisseaux sanguins des globules blancs, dans le processus d’activation de la réponse immunitaire. C’est un élément essentiel du système immunitaire et des processus cicatriciels.

Il contribue à la circulation des hormones.

C’est donc lui qui assure l’évacuation des déchets cellulaires (graisses, toxines, protéines).

Contrairement au sang qui circule à l’aide des battements du cœur qui servent de pompe, la circulation lymphatique n’a pas de « pompe » pour faciliter sa circulation. Celle-ci résulte de la combinaison des mouvements du corps (respiration notamment), des contractions des muscles, des contractions des fibres lisses des parois des vaisseaux lymphatiques. Si les mouvements du corps ou l’activité physique s’intensifient, la lymphe circulera plus rapidement. Au contraire, l’immobilité prolongée freine le drainage de la lymphe.

C’est d’ailleurs pour activer cette circulation lymphatique qu’il est conseillé de bouger pour lutter contre la rétention d’eau.

Si cette circulation peut être effectivement responsable de certains gonflements, le fait de pratiquer une activité physique régulière devrait permettre de ne plus souffrir de rétention d’eau. Et pourtant…

 

Illustration of female body lymphatic system

Après cette explication qui permet de mieux appréhender l’élimination de l’eau et des déchets de l’organisme, il convient d’analyser les autres causes qui peuvent conduire à la rétention d’eau. Et pour compliquer la tâche, celles-ci peuvent être multiples voire se cumuler. Il faudra donc veiller à éliminer une à une les causes pour se débarrasser de cet excès d’eau.

 

Quelles peuvent être les causes de la rétention d’eau ?

* Un déséquilibre alimentaire peut être l’une des premières causes. Généralement les triathlètes sont assez sensibles à l’équilibre alimentaire pour accompagner la performance. Pour autant, il faudra d’une part, veiller à ne pas consommer de sel en excès et surtout à vérifier que nous ne sommes pas en carence de certaines vitamines. Ces carences peuvent être responsables des œdèmes et de troubles alimentaires.

* l’intolérance au lactose ou au gluten. Celle-ci sera facilement vérifiable en supprimant pendant quelques jours l’un de ces aliments et observer si les troubles diminuent ou disparaissent. Attention à ne pas supprimer sur la même période le lactose et le gluten sous peine de ne pas savoir sur quel aliment se ferait l’intolérance… Si vous pouvez tester pendant quelques jours, privilégiez le conseil médical si vous souhaitez poursuivre cette alimentation « sans »

* Un déséquilibre hormonal. Attention au système de contraception utilisé. Une pilule trop dosée ou que votre organisme ne tolère pas peut être la cause de rétention d’eau. Il conviendra alors de prendre rendez-vous avec son spécialiste pour savoir quelles sont les solutions à envisager. Les syndromes prémenstruels peuvent également être responsables de rétention d’eau. Pendant cette période il faudra drainer l’organisme mais ceux-ci ont le principal avantage de ne durer que quelques jours.

 

*L’hypothyroïdie est aussi souvent associée avec l’œdème.

 

* Une mauvaise circulation sanguine va mettre le système lymphatique à contribution et rapidement le surcharger. C’est pourquoi en améliorant la circulation veineuse, on améliore également les troubles lymphatiques.

 

* La prise de certains médicaments peuvent contribuer à un stockage excessif d’eau, c’est le cas notamment des médicaments traitant l’hypertension. Il faudra en parler à votre médecin.

 

Comment savoir si on fait de la rétention d’eau ?

Il y a tout d’abord la sensation de gonflements, de jambes lourdes. Ce sentiment que l’on a parfois quand on piétine toute une journée. Sauf que lorsqu’on est sujet à la rétention d’eau, on a cette sensation sans avoir piétiné ! Il s’avère que cette sensation peut même être éprouvée dès le début de la journée au réveil ! D’autant plus en cette période estivale puisque la chaleur favorise la rétention d’eau.

Il y a également une méthode plus mécanique pour vérifier si on fait de la rétention d’eau.

Un petit test consiste à exercer une pression avec un doigt sur la partie enflée pendant quelques secondes. Si la marque de la pression persiste plusieurs secondes après avoir retiré le doigt, cela peut être le signe d’un œdème.

Si vos vous sentez serrée dans certains vêtements, si vos chaussettes vous laissent une trace particulièrement marquée (généralement la rétention d’eau commence par les jambes et les chevilles), si vous avez plus de difficultés à enfiler vos chaussures ou si vous avez fait un régime sans réussir à perdre du poids, il peut effectivement s’agir de rétention d’eau.

 

Il est donc très important de trouver la cause de celle-ci afin de la soigner. Une fois celle-ci trouvée, il conviendra d’user de certains remèdes (bien souvent de grands-mères) pour drainer efficacement et faire de la rétention d’eau un mauvais souvenir.

 

Nous traiterons de cette partie dans notre prochain magazine à paraître en septembre.

 

Avertissement : Cet article reprend les grands principes de la rétention d’eau mais n’est en aucun cas un article médical. En cas de gonflement important, ou d’œdème, consultez votre médecin.