Article paru dans le magazine 225_Mars 2023 / Rédigé par Cédric Le Sec’h et photos Organisation

Véritable immersion dans la forêt vosgienne et sur les routes des Vins d’Alsace, le Triathlon d’Obernai-Benfeld fêtera sa 23e édition les 3 et 4 juin prochains avec, en prévision, des records de participation puisque le cap des 2 000 participants devrait être dépassé. Depuis 1999, l’événement ne cesse de grandir, à la grande satisfaction des membres de son comité d’organisation, Patrick Poulet en tête. Une satisfaction également partagée par les participants au fil des éditions, qui ont fait du Triathlon d’Obernai une épreuve incontournable du Grand-Est.

Le 3 et 4 juin prochain, le Triathlon d’Obernai fêtera sa 23e édition. Quel est l’état d’esprit pour cette édition 2023 ?

Nous sommes très optimistes et très satisfaits du déroulement des préparations et du niveau des inscriptions. Nous avions un objectif de 2000 participants, mais cet objectif sera très probablement dépassé. Nous sommes complets sur le triathlon S, sur le M hommes également, puis nous avons déjà 200 féminines inscrites sur le M. Donc c’est un format sur lequel nous allons “booster” les inscriptions. C’est aussi un format qui nous impose de faire 2 vagues de départ hommes et femmes, car le plan d’eau n’est pas très vaste. Mais une vague de départ avec 200 féminines, ça va être quelque chose !

« Notre volonté première n’est pas de concurrencer d’autres grosses organisations et épreuves, mais de donner satisfaction aux participants. »

Malgré cette belle longévité, le Triathlon d’Obernai ne semble pas forcément avoir la notoriété qu’il mérite…

Le Triathlon d’Obernai a une image très forte à son origine, car nous avions notamment des plateaux élites de folie en raison d’une grille de prix conséquente issue d’un partenariat privé très important. Le plateau était tellement relevé que le 1er régional ne finissait que 25e ou 30e. Pendant 10 ans nous avons pu proposer cette grille de prix, qui était de 100 000 Francs à l’époque, puis 15 000 €. Fin des années 90 – début des années 2000, cela représentait un très beau prize money ! Nous avions une très forte notoriété. Le triathlon s’est ensuite encore plus organisé et professionnalisé, les athlètes sont devenus moins disponibles et en parallèle nous avons arrêté de proposer une grille de prix. La notoriété de notre épreuve s’est donc naturellement un peu diluée, et nous n’avions pas la capacité à augmenter drastiquement le nombre de participants en raison de la taille du plan d’eau. Mais nous avons néanmoins rajouté le format L il y a 7 ou 8 ans, ce qui a reboosté l’épreuve. Notre volonté première n’est pas de concurrencer d’autres grosses organisations et épreuves, mais de donner satisfaction aux participants.

Et c’est une épreuve qui garde un caractère international…

Tout à fait. Nous avons actuellement 14 nationalités au niveau des inscriptions. Le fait d’être en Alsace est un avantage car nous sommes proches de beaucoup d’autres pays européens. Et Strasbourg est une ville cosmopolite, une place centrale de l’Europe. L’an dernier, nous avions plus de 100 Belges et cette année ils sont déjà 60 à être inscrits. Nous avons aussi une trentaine d’Allemands, des Italiens, des Suisses, des Hollandais…

Deux éditions reportées en 2020 et 2021 en raison du Covid. Comment l’épreuve a-t-elle survécu à ces dernières années difficiles ?

Quelque part, grâce à notre modestie, qui nous a assuré une assise financière qui nous a permis de supporter cette crise. Nous avons offert aux triathlètes inscrits le report dans le tarif, ce qui nous a laissé une trésorerie en place pour payer les charges des organisations qui n’ont pas eu lieu. Lors de notre AG, car nous sommes une association, nous avons pu constater que nous sommes à l’équilibre sur les 3 dernières années.

Quels sont les principaux partenaires et institutions qui vous soutiennent et vous accompagnent dans l’organisation ?

La Région Grand Est nous accompagne. Ainsi que la CEA, la Communauté Européenne d’Alsace qui est la fusion des départements Haut-Rhin et Bas-Rhin. Les villes de Benfeld et d’Obernai nous soutiennent très fortement. Puis nous avons quelques partenariats privés.

Et quant aux bénévoles ?

Ils sont entre 500 et 600 sur l’ensemble du week-end et des différents formats. Nous avons 2 sites à gérer. Celui de départ est situé à Benfeld, et celui d’arrivée est à Obernai, situés à une vingtaine de kilomètres l’un de l’autre. Les parcours vélo traversent la plaine d’Alsace, avec plusieurs villages qui nous obligent à avoir des signaleurs. Notamment sur le parcours vélo du L, qui ne comporte qu’une boucle pour les 80 km.

2 parcs à vélo à gérer, est-ce un casse-tête pour l’organisation ou les participants ? 

C’est vrai que cela “dérange” un peu les participants. Parmi celles et ceux n’ayant pas encore participé, nous avons beaucoup de questions logistiques sur comment se rendre au plan d’eau, comment récupérer sa voiture etc. Nous leur conseillons de stationner à Obernai et de venir en vélo avec leurs affaires de natation et de cyclisme sur Benfeld, sachant que les affaires natation sont ensuite remontées par l’organisation à Obernai. Et puis 20 km tout plat avec de légères descentes, cela sert d’échauffement !

5 formats sont proposés, du XS au L, en passant par le Trikids. Le Triathlon d’Obernai touche tous les publics. Peut-on envisager pour le futur la création d’un format XL pour combler les férus de full distance ?

Cela a été envisagé par le passé, mais c’est très compliqué. Nous n’avons pas la possibilité de fermer beaucoup de routes. Le samedi, c’est quasiment mission impossible pour bloquer des routes en raison de la densité de circulation. Et rajouter une course de cette envergure le dimanche n’est pas possible. Et puis cela impliquerait de changer de plan d’eau, car pour le L il faut déjà faire 3 boucles…

Vous proposez également un « Challenge Elle et Lui » sur les parcours M et L. En quoi consiste-t-il ?

C’est une course à effectuer en couple, pas forcément en même temps car c’est l’addition des temps des 2 athlètes qui est prise en compte. Évidemment, nous n’allons pas demander de justificatif (rires) mais c’est un challenge réservé aux couples. L’idée est venue quand nous avons constaté que nous avions plusieurs couples de triathlètes qui revenaient faire notre épreuve.

« Procurer du plaisir aux participants, c’est notre plus belle réussite. »

Vous organisez en amont une session de reconnaissance des parcours le 13 mai. Quand celle-ci se déroulera-t-elle et quelles sont les modalités pour y participer ?

Pour des raisons de sécurité, nous demandons juste aux participants de s’inscrire, d’autant plus que nous inscrivons cette session au calendrier fédéral en tant que rando-triathlon. En revanche, c’est totalement gratuit. Chaque année, nous avons ainsi plus de 100 participants dans une ambiance super cool. C’est un événement très apprécié des athlètes du S notamment, car c’est souvent leur premier triathlon et ils ont toujours beaucoup de questions ! Et pour celles et ceux qui le souhaitent, il est possible d’enchaîner sur de la course à pied, car nous aménageons un petit parc à vélo à Obernai, avec un ravitaillement également.

Des parcours qui s’ancrent dans un cadre naturel exceptionnel, au cœur de l’Alsace. Quels en sont les principaux points forts ?

Tout d’abord le cadre du plan d’eau, dont les contours sont complètement boisés. Puis l’eau a une couleur turquoise incroyable. Sur le vélo du M, la montée au Mont Sainte-Odile est une belle montée de 8 km en forêt. Quant au parcours L, c’est un très bel enchainement de 3 montées avec un passage au Champ du Feu, le point culminant du Bas-Rhin à 1100 m d’altitude. Pour la course à pied, il y a une grande partie dans les vignes au nord d’Obernai, puis un passage sur les remparts de l’ancienne ville fortifiée. Il y a toujours beaucoup de monde à cet endroit et nous essayons aussi de mettre des orchestres pour qu’il y ait encore plus d’ambiance.

Il y a les courses, mais aussi tout un état d’esprit sur le Triathlon d’Obernai. Quelles sont les différentes animations qui rythmeront le week-end ?

Nous avons donc des animations musicales, et surtout un très bon animateur en la personne de Chun de Stockel (ndlr : speaker habitué du circuit Xterra). Non seulement il met l’ambiance, mais il conseille les participants, il met à l’aise les enfants. À l’arrivée, nous proposons un beau ravitaillement, des massages avec des kinés, des ostéopathes. Et puis bien sûr il y aura toujours la pasta party le samedi soir, ainsi que la retransmission live de la natation et d’éléments du vélo et de la course à pied via un écran géant à Obernai. Dont une nouveauté cette année pour la diffusion des images, nous aurons 2 motos caméra et non plus une seule.

Pour finir, quels seront les critères d’une édition réussie voire référence ?

Pour nous, c’est clairement la satisfaction des triathlètes. Quand on les retrouve dans l’air d’arrivée et que leurs retours sont positifs, qu’ils ont passé une bonne journée, qu’ils se sont bien “vidés” sur le L qui est exigeant (rires). Nous souhaitons avant tout leur satisfaction et qu’ils reviennent sur notre épreuve, à l’instar d’athlètes élites comme Alexandra Tondeur, Cyril Viennot et William Mennesson. Procurer du plaisir aux participants, c’est notre plus belle réussite.

L’essentiel

Triathlon Obernai – Benfeld

3-4 juin 2023, Bas-Rhin (67)

  • TriKids : 3 formats de 6 à 13 ans
  • Tri XS : 400 m / 9,8 km / 2,8 km
  • Tri S : 500 m / 24 km 225 m d+ / 4,8 km
  • Tri M : 1400 m / 46 km 815 m d+ / 9,6 km
  • Tri L : 2100 m / 81 km 1620 m d+ / 19,2 km